Murmures dans un mégaphone de Rachel ELLIOTT

 


 

Qui n'a jamais voulu tout plaquer ? Changer le ronron quotidien, les habitudes auxquelles on ne réfléchit plus, mais qui pourtant parfois ne nous épanouissent pas ? Sortir de son repère confortable et rassurant pour oser embrasser la vie et trouver sa place dans la société, ou trouver ce qui nous rendrait plus heureux... Il arrive qu'un évènement déclencheur bouscule l'ordre prévu, et fasse la place pour cette envolée du destin ! Aujourd'hui, c'est leur tour, place à Myriam, Ralph, Sadie, et tous les autres !

Ce sont des personnages de roman atypiques et imparfaits. Que ce soit le poids du passé pour Myriam, dont la mère dérangée et oppressante l'a traumatisée, ou la peur de s'avouer la vérité sur la fragilité de leur couple pour Ralph et Sadie, ils sont décalés et trainent tous leurs casseroles mais tentent leur chance pour vivre autrement.

"Murmures dans un mégaphone" est aux premiers abords un roman sur la folie, vérifiée ou supposée. Qu'on l'appelle fantaisie ou extravagance, et sans tomber ( espérons ! ) dans la démence, on est beaucoup à avoir un petit grain de folie ou à se sentir en décalage avec les autres. Et parfois se pose la question de la normalité, des comportements attendus en société ou en privé. Quelle est la frontière qui sépare de la névrose ?

 Ce livre est un bel aperçu de cette folie ordinaire qui nous habite tous, à différents degrés. Nous trouvons une femme qui murmure au lieu de parler, une autre qui fabrique un abat-jour avec sa culotte, un homme qui fuit sa fête d'anniversaire pour vivre dans les bois, ou bien un autre qui ne quitte jamais son pantalon rouge en velours... Des personnages qui se croisent et qui vont s'entraider pour dépasser leurs inquiétudes.

Ce roman porte aussi sur l'amitié, sur comment s'apprivoiser ; sur le changement et sur la fragilité de nos certitudes. Un roman doux amer qui nous chagrine, qui surprend, et qui nous trouble jusqu'aux derniers chapitres, inattendus, et jusqu'à la dernière ligne, déroutante et mélancolique. Ce roman est comme la vie, il n'est pas linéaire, et ne propose pas un long fleuve tranquille. Il n'est ni totalement blanc ou noir - il ne vous apportera pas de réponses toutes faites - mais par ses remarques en demi-teintes, donne à réfléchir sur la tangibilité de la vie, et comment se frayer un chemin pour émerger de cette inconstance.

Alors s'il distille malgré tout l'espoir de réussir à s'en sortir, si certains personnages trouvent la félicité ou s'en approchent, l'impression finale est celle d'un ajustement permanent pour dépasser les failles que la vie a marqué en nous.

Un livre particulier à l'écriture dynamique qui laisse songeur. Vous laisserez-vous désarçonner ? 😊
 
                                                                      

      

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