Le visage de la nuit de Cécile COULON
Oyé oyé braves gens ! Venez oublier le temps, oublier le monde actuel et ses contingences matérielles. Dans cette antre reculée où le temps n'a pas prise, l'humain prédomine. Dans sa bonté comme dans sa bestialité, dans ses silences comme dans ses vociférations, à travers ses espoirs et ses désillusions, l'amertume et la grâce.
Il était une fois... un roman de toute beauté. Un roman puissant, poétique et organique. Une fable orageuse et universelle sur la différence, sur la méfiance instinctive de l'inconnu, sur l'intensité des sentiments, sur la force de la vie et de la liberté. Jusqu'où est on prêt à aller pour apaiser sa soif de justice ? Justice pour ce qui nous semble légitime d'être, de posséder ou de désirer ? Quelle est notre part de noirceur, et jusqu'où va celle de notre voisin ? Et comment composer alors le vivre ensemble ?
Dans une langue fabuleuse, intense, vivante et diablement évocatrice, la langue des choses cachées, l'autrice dépeint un univers sans temporalité autre que celle des jours qui se suivent, un village simple et rude, des villageois méfiants et secrets, et quelques personnages cachés et lumineux qui éclairent ce portrait de vie.
Sous ses airs sauvages et fermés, ici comme ailleurs ce village pudique connait la valeur de la vie, et aime ses enfants. Pour autant, quand un ou deux sortent du lot, les sentiments s' exacerbent et jalousie, envie, rejet ou agressivité prennent le dessus.
Ici nous est conté l'histoire d'un enfant devenu monstre ; et d'un monstre s'éveillant à une vie nouvelle, douloureuse et cachée. Cet enfant, recueilli avec bonté par le prêtre du village et une ancienne institutrice, devenu adolescent en recherche de justice, s'épanouit sourdement malgré l'adversité. Avance tout en se heurtant à ses rêves de liberté, trouvant pourtant une échappatoire à la réalité de sa condition.
Dans ce récit, les personnages sont denses et complexes, loin des clichés que l'univers fabuleux pourrait laisser supposer. Ils ne se révèlent pas au premier chapitre. Au fil des pages se profile un univers profond et tragiquement humain. Et à la manière d'un thriller, on se laisse happer par ces détresses, et par le souffle épique qui pulse les personnages, qu'on a du mal à quitter.
Faisant directement suite au roman fascinant et saisissant "La langue des choses cachées ", ce cycle incandescent à la beauté sombre ne semble pas fini. Après la destinée du guérisseur venu au secours de l'enfant malade, après celle de l'enfant devenu monstre, on attend que l'histoire se poursuivre. Tout n'est pas dit, on attend, le cœur battant !
Les références du livre :
Cécile COULON, Le visage de la nuit, L'iconoclaste, janvier 2026, 276p.
✨✨✨✨✨✨✨✨
Envie de découvrir d'autres coups de cœur 😍 ? Et d'être prévenu d'une prochaine chronique ✨ ?
c'est ici !

Commentaires
Enregistrer un commentaire
Merci pour votre avis !